Carte postale d’Alger à Tanger
Alors voilà nous y sommes !
C’est le moment où je suis un peu en vacances et où je partage avec vous quelques bribes de mon quotidien, qui font de moi qui je suis et qui participent aussi à l’identité de la marque EMIR.
Même si, où que j’aille, le travail finit toujours par me rattraper, comme ici, non loin de la présidence, où je tombe nez à nez avec ce tissu ! (Qui me donne une idée de “mini châle”, nous aurons sûrement l’occasion d’en reparler plus bas)

Ou encore ici, dans la librairie Thuraya du mall Garden City! Décidément, il est des tissus qui m’appellent …

Certains l’ont peut être deviné, je passe mes vacances à Alger.
Mais revenons à nos moutons. Je vous l’avais promis dans mon bilan de début d’année 2023 (Oui, c’était il y a longtemps, mais je tiens toujours mes promesses).
Vous allez avoir plus souvent accès à l’envers du décor EMIR. Cela nous permettra de mieux se connaître et aussi de mieux se comprendre.
Alger ou “les îles“

Je ne suis pas originaire d’Alger mais j’aime beaucoup cette ville. Alger ou plutôt El Djazaïr (les îles) a probablement été nommée ainsi en référence aux îles qui se dressaient auparavant devant son port. Depuis Barberousse, elles font partie intégrante de la jetée du port d’Alger.
Finalement, pour moi, son nom est ce qui décrit le mieux la ville d’Alger.

Celui qui passe un peu de temps à Alger se rend vite compte que cette ville est composée de plusieurs mondes! D’un quartier à l’autre, d’une commune à l’autre, le décor, l’ambiance et la population peuvent changer radicalement.

De Ain Taya à Bordj El Bahri, de Babezzouar à Hussein Dey, de Ben Aknoun à El Biar et de Belouizdad à la Casbah. Il semblerait que l’on passe d‘une île à l’autre. Et même parfois d’une époque à une autre.
El Mouradia
Pour ma première balade, je décide de partir de la présidence, elle est située dans les hauteurs d’Alger, dans le quartier du “golf”, dans la commune d’El Mouradia, nommée ainsi en référence à Didouche Mourad.
Cette commune autrefois appelée “La redoute” ressemble à un petit village de la campagne française.

Et pour cause, il y a énormément de maisons de style colonial.
Bref, je traverse donc El Mouradia en direction du monument des martyrs, le “Makam Chahid”. Mais au lieu de longer le cimetière chrétien, j’emprunte la rue Marat, laquelle jouxte un jardin qui abrite un des fameux tunnels qui servaient pendant la seconde guerre mondiale à évacuer directement dans le port d’Alger.
Il en existe deux autres : le deuxième part de la placette d’El Mouradia et le troisième de l’ancien hôtel le Splendide, aujourd’hui lycée d’enseignement spécifique cheikh Bouamama ex-Descartes d’Alger.
En tous les cas, la rue Marat me conduit aux célèbres escaliers du quartier qui permettent d’arriver en quelques foulées à Diar Saada.
De là je continue ma descente admirant au passage le Palais Lakhdar et son parc!
D’ici on voit déjà le Makam Chahid.
Deux escaliers plus loin, je suis à Madania, dans le quartier mythique, où les 22 se sont mis d’accord sur la planification et la coordination des évènements de la Toussaint Rouge.
Le Makam est là, planté au bord de la falaise, imposant et visible de presque partout sur Alger.
El Madania
Au début des années 80 le gouvernement voulait marquer les 20 ans de l’indépendance avec un monument grandiose. Le ministère de la Culture lança alors un concours d’idées auprès de plusieurs architectes… mais aussi auprès des étudiants de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger.
Le Makam Chahid est finalement né de la collaboration entre les étudiants des beaux-arts et l’architecte Bachir Yellès, alors recteur de l’École des beaux-arts.
C’est lui qui qui reprit et structura le concept des palmes imaginé par les étudiants, en le rendant techniquement réalisable avec l’aide d’ingénieurs canadiens.

Les étudiants voulaient représenter la révolution comme trois forces convergentes s’élevant vers la lumière.
Chaque “palme” représente une branche de la révolution :
- Armée de libération nationale
- Paysans
- Intellectuels
Au sommet, une flamme éternelle symbolise le souvenir immortel.
Sous la base de trouve le musée de l’Armée nationale populaire retraçant l’histoire militaire du pays.
Sa réalisation, en collaboration avec des ingénieurs canadiens, fut une véritable prouesse technique au début des années 80.
Je continue à présent ma route et je me dirige vers le téléphérique juste derrière le monument.

Il existe trois téléphériques sur Alger :
Le premier relie “ le ruisseau “ au ministère des affaires étrangères.
Le second, le jardin d’essai au Makam Chahid et le troisième qui n’est actuellement pas en service, relie le “champ de manœuvre” à Madania juste en bas du cimetière chrétien.
Belouizdad
Ainsi me voilà au jardin d’essai.
Pour ne rien vous cacher je suis déjà venu plusieurs fois, mais cette année c’est la première fois que je vois autant de touristes!
D’ordinaire je suis toujours charmé par la vue lorsque j’avance sur l’esplanade, en haut des escaliers. Il semblerait que le jardin français se jette dans la Méditerranée.
Mais aujourd’hui je ne vois que le bruit des touristes prenant la pose ça et là… Merci les influenceurs!

Je ne me laisse pas démoraliser et je continue d’avancer. L’allée des platanes, les bambous géants, l’allée des dracaenas, l’arbre de tarzan et me voici dans le jardin anglais. Ici tout est calme.

Là, je me rends compte que j’ai été mal habitué. J’ai trop souvent arpenté ces allées vides, à tel point que j’avais l’impression d’être le seul promeneur de ce jardin…désormais je vais devoir partager.
En sortant du jardin je traverse l’avenue Hassiba, en face c’est la station de dessalement, je prend à droite pour me rendre à la nouvelle sablette.
C’est mon nouveau front de mer préféré. Cette promenade couvre pratiquement toute la baie d’Alger, avec tantôt des plages, des esplanades, des placettes, des corniches et même des quais.
Elle démarre au Hamma et se termine au petit port de la frégate, juste après la coco plage, c’est vraiment une longue promenade et on peut même prendre un Vélib’, et je me demande combien de temps ça prendrait pour la relier d’un bout à l’autre ?!
Hussein Dey

Quoi qu’il en soit, je préfère la zone “nouvelle sablette” avec ces terrains de sports, son street workout et ses quais, l’endroit est bien moins fréquenté que les Sablettes originelles, et puis là vue est sympa de tous les côtés :
- En face, la Méditerranée
- A gauche, la grande mosquée
- A droite, le Makam Chahid

J’avoue que je viens aussi pour “ la friterie “, je trouve vraiment les frites excellentes ici.
Maintenant que je suis posé, je me demande ce que fait Imad?!
Justement il m’a envoyé quelques photos qu’il a prises à Tanger, car lui, est en vacances au Maroc !
Ceux qui nous suivent depuis longtemps, savent que c’est Imad qui gère le plus souvent les photos et les vidéos, tandis que c’est moi qui écrit.

Il saisit toujours chaque occasion de mettre nos vêtements en valeur !
Moi aussi je me suis essayé à cet exercice récemment, faut dire que dans la pose je suis loin de son niveau mais fallait bien vous partagez mes excursions.


Bab El Oued
Pour ma deuxième excursion je pars découvrir le nouveau front de mer de Beb El Oued, tout le littoral a été réaménagé depuis le port d’Alger jusqu’à la plage Kitani !

Là encore la corniche est magnifique, propre, aérée, bien aménagée avec une vue superbe !
J’y ai croisé un monument en mémoire du massacre du 17 octobre 1961, à Paris.

Ce soir-là, des milliers d’Algériens vivant en région parisienne avaient répondu à l’appel du FLN pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé.
La répression, menée par la police sous les ordres du préfet Maurice Papon, fut d’une extrême violence : des manifestants furent arrêtés, battus, et un nombre important jetés dans la Seine. (Entre 100 et 200 morts)

Je comptais marcher jusqu’à Kitani, mais le chantier n’était pas tout à fait terminé. Alors que je m’étais arrêté au niveau de la corniche qui surplombe la plage, je levai les yeux et là j’aperçus Notre Dame d’Afrique perchée sur les hauteurs !
Je n’y suis jamais allé, du coup let’s go!

Une fois en haut la première chose qui m’a frappé c’est le caractère imposant de l’édifice, puis en m’avançant un peu la vue a presque éclipsé la présence de la basilique!

En redescendant, je décide de repasser par Beb El Oued, car il y a un atelier que j’aimerais visité.
Et quelle bonne surprise ce fut ! Je n’ai pas pris de photos mais je peux vous en parler un peu.
Il s’agit d’un atelier de confection qui se nomme “La mode ta3na” (La mode de chez nous).
Le créateur a travaillé comme styliste/modéliste dans le monde entier avant de décider de revenir dans son pays, l’Algérie, pour revaloriser et moderniser les vêtements traditionnels de la région.
C’était une belle rencontre j’ai beaucoup aimé ce petit atelier.
Cette visite me rappelle ce fameux tissu déniché par hasard !
Du coup je me lance dans un prototype d’accessoire pour notre prochaine collection d’automne !
J’ai le modèle, j’ai le motif, il ne me manque plus que de la flanelle…
Wahran ou la cité des deux lions
On raconte qu’il y a bien longtemps, aux portes de la Méditerranée, deux lions régnaient sur une côte sauvage. Leur tanière dominait la mer, là où le soleil se couchait dans un éclat d’or et de pourpre. Les pêcheurs les voyaient parfois apparaître au sommet des collines, silhouettes majestueuses découpées dans la lumière du soir.
Puis un jour, les lions disparurent, comme happés par l’horizon. Mais leur souvenir resta gravé dans le nom que l’on donna à cette terre : Wahrān, « les deux lions ». Une ville naquit alors, portée par la mer, bercée par les vents, et toujours gardée, en secret, par l’ombre de ses rois disparus.
Willis
Troisième escapade, et cette fois-ci je monte dans un taxi à la gare routière.
Je dois vous avouer que je ne vous ai pas tout dit.
En vérité, lorsque je suis passé au Makam Chahid, j’en ai profité pour faire un petit tour au musée. Là-bas, une carte m’a interpellé.
Il s’agissait d’une carte répertoriant toutes les attaques de la Toussaint Rouge, désignées par des petits points rouges.
Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je localisai l’un de ces points dans un petit village que je connaissais bien : Willis.
Depuis je me suis renseigné, et j’ai découvert que c’est même là qu’à eu lieu la toute première attaque de la Toussaint Rouge, c’est encore là-bas qu’est tombé le tout premier Martyr de la révolution : Ben Abdelmalek Ramdane.
C’en était trop, il fallait que je me rende sur place!
Me voilà donc arrivé.

Le village de Willis fut rattaché à la commune de Cassaigne pendant la colonisation française.
Il porte aujourd’hui le nom d’Abdelmalek Ramdane, en hommage au résistant algérien Benabdelmalek Ramdane, membre du groupe des 22 qui ont planifié et organisé la Toussaint rouge du 1er novembre 1954.
Il fut l’organisateur de la première action armée de la guerre d’indépendance et le premier martyr.
Adjoint de Larbi Ben M’hidi (membre du groupe des 5 et responsable de l’Oranais), il était chargé de la région de Mostaganem.
Il est tué le 4 novembre 1954 par l’armée française, lors d’une embuscade dans la forêt de Bourahma, à Willis.
Il avait organisé une centaine d’actions dans la région, dont l’attaque de la gendarmerie de Cassaigne, des attaques contre des fermes de colons dans la région de Mostaganem, ainsi que la mise hors service des générateurs de Willis.
Le train
Pour retourner sur Alger je me rend à la vieille gare d’Oran, qui, cela dit en passant, est vraiment vraiment charmante, je vais y prendre le Coradia (train rapide).
J’avais envie d’essayer ! Après tout, en Algérie je connaissais déjà l’avion, le bateau, les bus, les taxis, le métro, le tram…il ne me manquait que le train et les télécabines.
Et oui ! Car lorsque je me suis rendu à Notre Dame d’Afrique, j’ai aperçu ce que je pensais être un quatrième téléphérique. Mais les gens présents sur l’esplanade m’ont expliqué qu’il s’agissait de l’une des 2 lignes de télécabines en service sur Alger. Et que celle-ci reliait Beb El Oued à Zghara.
En attendant de tester la télécabine, je suis très confortablement installé dans le Coradia Oran-Alger ! Le trajet a duré 5h30 mais c’était vraiment une bonne expérience, et j’ai vraiment préféré le train au taxi.
Je m’arrête là, pour cette “carte postale” qui est déjà bien longue.
Je vous laisse une petite partie de mon carnet d’adresses perso.
Dites-moi en commentaire si vous aimeriez voir mon prototype de “mini Shāl” concrétisé?

Et aussi si vous avez envie d’avoir des nouvelles d’Imad à Tanger dans un épisode 2 ?!
À très bientôt, Ali cofondateur EMIR.
Une partie de mon carnet d’adresses à Alger :
Dar Salam, El Mouradia _ Les mini éclairs
Tacozza, Kouba _ les Pizzas
Arabesque, Alger Centre _ Assiette Mezze
Jus t’aime, City Center _ Smoothie Cacao Banane
La friterie, la nouvelle sablette _ Frites
Damasquino, Bir Mourad Rais _ Kunafa
Mozzarella Fresca, El Mouradia _ Burrata
Maison Serir, El Madania _ Qalb El Louz
Dar Tlidjene, Ain Taya _ Hôtel-Restaurant
Thaïlando, El Madania _ BoBun


As salam alaykoum, merci pour la carte postale ! Et nous est-ce qu’on peut vous en envoyer ?
Pour répondre à la question, oui j’aimerais bien voir ce prototype concrétisé ! Mais en quelle couleur ? Quelle matière ?